Lotte Kopecky ne dira pas ce qu’elle vise à Shanghai. Elle l’a expliqué à Sporza : si tu dis qu’un truc n’est pas un objectif, tu n’es pas assez ambitieuse, et si tu dis que tu vas chercher une médaille ou une victoire et que ça rate, on te raye partout. « Au bout du compte, ce n’est jamais bien », a-t-elle dit.
Je connais. À une échelle très réduite, d’accord, mais je connais. Le samedi soir, au club, j’avais annoncé mon objectif sur le Kwaremont pour le lendemain. Un chiffre précis, avec le sac. Le dimanche, il y a eu le feu rouge d’Audenarde, un gars qui zigzaguait et du vent dans les deux sens. Au café, personne n’a parlé de ma sortie. On a parlé du chiffre. Depuis, j’annonce « on verra ». On me répond que je manque d’ambition. Elle a raison : ce n’est jamais bien.
Le Mondial, c’est du 14 au 18 octobre. Avec Shari Bossuyt, ensemble pour la première fois depuis quatre ans, et la dernière fois elles étaient revenues avec le maillot arc-en-ciel de l’américaine. Ni l’une ni l’autre ne veut dire qu’elle vise le titre. Sur une piste, il n’y a ni feu rouge, ni sac, ni café. Pas de colonne de déductions possible. Je comprends qu’on n’annonce rien.
Elle rappelle quand même ce qu’elle a fait début d’année : trois titres européens et Milan-Sanremo. « Il y a énormément de coureuses qui seraient très contentes avec une seule victoire comme ça sur toute une année », a-t-elle ajouté à Sporza. Moi, je serais content avec un segment. J’ai le segment. Je ne dis plus le chiffre.
Et il y a Los Angeles 2028 au bout : selon elle, ce Mondial ouvre une nouvelle période de qualification olympique, et il faudra parfois mettre la piste avant la route. Deux saisons à préparer sans rien promettre. Au café, dimanche, on a discuté jusqu’à midi de ce qu’on visait. Personne n’a rien dit.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




