Une prime, chez nous, ça ne restait jamais dans la poche de celui qui la touchait, ça partait dans le pot commun, et le pot commun finissait au café, une jatte pour tout le monde, le soigneur compris, et le mécano qui avait passé la nuit sur les boyaux. C’est la seule comptabilité que j’ai jamais vue de près, parce que devant, je ne sais pas, mais derrière, je sais qui paie la tournée.
Alors j’ai regardé les chiffres de l’Eneco Tour. Prologue, mardi soir : 1.490 euros pour le vainqueur chez les hommes élites, 220 euros pour Lieke Nooijen chez les femmes. Et selon WielerFlits, ce n’est pas que le prologue, c’est la même chose dans les autres étapes et dans les primes des classements.
Charlotte Kool, de chez Fenix-Premier Tech, l’a écrit sur Instagram : « même heure de départ, même distance et même énergie ». Elle a demandé, avec ironie, si les coureuses auraient une réduction sur l’énergie. Après la première étape en ligne, elle a dit à In de Leiderstrui que pour elles l’argent n’est qu’une petite prime, que c’est surtout le principe, et que son message était à prendre avec un clin d’œil.
Je l’ai bien aimée, cette phrase sur la petite prime. Une petite prime, c’est exactement ce qui se partage à l’arrière, quand le podium est démonté. Elle a aussi trouvé « un peu de travers » que la course mette en avant l’égalité entre hommes et femmes avec un tel écart. On dit la même route, on dit la même énergie, et puis il y a deux tables au café, et à l’une on commande plus de jattes qu’à l’autre.
Même heure de départ, déjà, c’est mieux que ma sortie du dimanche.
De koers, c’est un endroit où l’on partage tout ce qu’on gagne avec ceux qui ont roulé pour vous. Je ne sais pas comment on partage 220 euros dans une équipe. Je sais qu’on le fait.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




