Il y a toute une sélection qui arrive avant six heures du matin, et un gars dans le hall qui dit n’avoir aucun problème à se lever tôt. Rik a connu ça. Pas les six heures, non. Derrière, on ne part pas en premier, on part quand la voiture le dit, et la voiture, parfois, ça voulait dire avant le jour.
Van der Poel a fait son solo de 175 kilomètres, il dit qu’il en est remis et qu’il ne le refera sans doute plus deux fois. Rik n’a jamais fait 175 kilomètres devant. Il a fait des 175 kilomètres derrière, dans la voiture derrière ou sur le vélo derrière, à attendre le délai, et le délai, lui, il se lève tôt aussi.
Devant, je ne sais pas à quelle heure ils se lèvent. Derrière, je peux vous dire : quand le gruppetto part avant le soleil, c’est qu’on a déjà calculé le délai la veille au soir, dans la chambre, la montre à côté du lit. Se lever tôt, ce n’est pas une qualité, c’est une contrainte, et Van der Poel le dit gentiment, comme on dit qu’on n’a pas froid. Moi, les départs de nuit, je m’en souviens surtout pour le café qu’on n’avait pas eu le temps de boire. Un bidon, ça se mérite. Un café aussi.
La sélection belge est partie au complet pour le Canada. Rik n’a rien vu du hall, il n’y était pas. Il imagine le comptoir, les valises, le matériel enregistré en grande quantité, et un coureur qui se présente juste avant la fermeture. Il connaît ce moment précis : celui où toute la voiture t’a attendu, et personne ne dit rien parce que le délai a été respecté.
Derrière, on ne dit rien non plus. On boit le café, quand il en reste.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.


