Mauri Vansevenant va chez Lotto-Intermarché, et il le dit : les classiques wallonnes sont sa priorité, l’Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liège. Le CEO, Jean-François Bourlart, compte sur lui surtout dans les Ardennes, pour sa façon offensive de courir. Offensive. J’ai lu ça dans le garage, entre le deuxième et le troisième vélo, et je suis allé chercher mon compteur.
Parce que la Redoute, j’ai le segment. Un dimanche de mai, sortie partie à neuf heures vingt de la place de Lasne, voiture jusqu’à Aywaille, et puis la côte. Onze minutes dix. Avec le sac. Il drachait. Un gars du club devant moi qui changeait de vitesse au mauvais moment, à chaque fois.
Faisons la colonne. Retirez le sac. Retirez la drache. Retirez le gars du club. Retirez l’arrêt au pied pour remettre la veste. Il me reste quand même onze minutes et quelque chose, et lui, il a sept ans au plus haut niveau, il dit croire encore à une victoire d’étape dans un grand tour, et on l’a pris pour épauler Jarno Widar. Je ne suis pas sûr de pouvoir épauler qui que ce soit dans la Redoute. J’ai déjà du mal à épauler mon sac.
Il a aussi dit à WielerFlits : « Une nouvelle dose d’envie de prouver, c’est toujours bon pendant une carrière. » Ça, je comprends. Moi aussi, chaque printemps, j’ai envie de prouver. Au compteur, surtout.
Ton gars qui changeait au mauvais moment, c’est un problème de dérailleur. Amène-moi son vélo, hein.
Il y a un autre détail qui m’a plu : il rejoint l’équipe où son père, Wim, a couru des années, quand elle s’appelait Davitamon-Lotto. Moi, mon père roulait le dimanche à neuf heures pile. Je n’ai jamais réussi à reprendre l’heure.
Bref. J’ai fait la soustraction deux fois, avec et sans le gars. Le résultat ne change pas : lui, on l’engage pour sa façon offensive de courir ; moi, la Redoute, je la monte. Au café, j’ai payé la tournée pour qu’on parle d’autre chose.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.



