Le dernier kilomètre avant le café, je le connais par cœur. La place de Lasne, la petite bosse, et là tout le club se regarde. C’est là que je place mon accélération décisive, tous les dimanches, vers onze heures cinquante.
Lucinda Brand a fait pareil à Dendermonde, en plus officiel. Sept tours. Après six, elle avait trois secondes sur Alvarado, sept sur Betsema, huit sur Aniek van Alphen, vingt-trois sur Inge van der Heijden. Et dans le dernier tour, elle a accéléré, et c’était fini. Elle gagne la Mosselcross devant Alvarado et Betsema. Je l’ai regardée sur Sporza, la jatte à la main.
Mon segment à moi, dimanche, le dernier kilomètre : deux minutes cinquante-huit. Avec le sac. Et avec Marc devant moi qui zigzaguait parce qu’il cherchait son GSM. J’avais trois secondes de retard sur lui à la bosse. Trois, comme Alvarado. Je note la coïncidence, je n’en tire rien.
Faisons la colonne. Retirez le sac. Retirez Marc. Retirez le vent, que j’ai eu dans les deux sens alors que c’est une ligne droite. Retirez le fait qu’il n’y a pas de sable sur la place de Lasne, ce qui m’avantage, je le reconnais, je suis honnête. On arrive à quelque chose. Je ne dis pas que je fais du cross. Je dis qu’on peut discuter du dernier kilomètre.
Il y a aussi la remontée. Brand était huitième à cinq secondes après le premier tour, troisième au troisième. Moi aussi je pars derrière : je suis un homme de neuf heures vingt, je commence toujours la sortie avec un retard. Je ne remonte pas toujours. Mais le principe, je l’ai.
Et elle repart avec 100 kg de moules. Au café, on m’a remis une jatte. On a discuté jusqu’à midi de ce qu’on aurait fait avec les moules, personne n’avait de casserole assez grande.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



