Le classement tient sur une page de ma farde. Je l’ai recopié au bic, tour par tour. C’est ainsi qu’une course existe.
Premièrement. Après le premier tour, Inge van der Heijden, championne d’Europe, est en tête, devant Bramati et Bentveld. Lucinda Brand, championne du monde, est huitième à cinq secondes. Je constate. Deux maillots distinctifs, deux positions différentes. Le règlement n’exige pas que le maillot soit devant.
Deuxièmement. Au troisième tour, Brand est troisième. Remontée de cinq places en deux tours. Je note les positions. Je ne note pas l’effort, il n’y a pas de colonne.
Troisièmement. Après six des sept tours, Brand mène. Alvarado à trois secondes. Betsema à sept. Aniek van Alphen à huit. Van der Heijden à vingt-trois. Quatre écarts, tous inférieurs à une minute, tous mesurés. Le chronométrage a fait son travail.
Quatrièmement. Dans le dernier tour, Brand creuse l’écart grâce à une accélération que Sporza dit décisive. Décisive n’est pas un mot du règlement. Le classement final, lui, en est un : Brand, Alvarado, Betsema. Conforme.
Je relève enfin que la victoire est dotée de 100 kg de moules. Le règlement prévoit le classement. Il ne prévoit pas la marée. Ma collègue a posé ses propres questions.
Cent kilos dans une camionnette, Myriam. Ça mouille, ça va ?
J’ai fermé la farde. Sur la page, il reste une ligne entre le troisième et le sixième tour, où il ne s’est rien passé d’écrit. Ce que j’ai pensé de ces trois tours, je ne le note pas.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



