J’avais la radio de l’atelier sur la course et une roue arrière dans le pied, une cassette à dégraisser. Le sprint d’Ede, je l’ai écouté plus que regardé. Puis j’ai lu WielerFlits.
Charlotte Kool voulait passer à gauche. Barbara Guarischi l’a poussée vers les barrières, selon WielerFlits. Kool a dû ralentir, elle a perdu beaucoup de vitesse, et elle est repassée par la droite. Deuxième, derrière Sandrine Tas. Guarischi troisième. La Néerlandaise était frustrée, dit Sporza. Je comprends.
Moi je regarde le vélo, hein. Un sprint, c’est une affaire de centimètres entre un cintre et une barrière. Un cintre de route, c’est autour de quarante centimètres. Une barrière Nadar, ça ne bouge pas. Entre les deux, il faut de la place pour un coude. Quand la place se ferme, tu ne pédales plus, tu freines. Et freiner à ce moment-là, c’est des watts qui partent dans les patins.
Repasser par la droite après, ça veut dire relancer. Une relance, c’est une chaîne qui doit monter en charge d’un coup. Si la chaîne est propre, ça passe. Si elle est sèche, tu l’entends. Kool a relancé jusqu’à la deuxième place. Sa chaîne à elle, je ne l’ai pas eue sur l’établi. D’accord. Mais avec quelle pression ?
Et Sandrine Tas est passée devant tout le monde. Ancienne patineuse de vitesse, 31 ans, troisième victoire UCI, première saison chez Lotto-Intermarché. Un prénom comme le mien, je ne dis rien de plus, ça va ?
Je note qu’un sprint a une ligne et des barrières. Le reste relève du jury.
Ce qui s’est dit au jury, je ne sais pas, je n’ai pas lu une ligne là-dessus. Je vais élargir le couloir entre l’établi et la camionnette, tiens. Un demi-mètre. Pour le coude.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



