À la télévision, on a montré le sprint. Sandrine Tas devant, Charlotte Kool et Barbara Guarischi derrière, une Belge en tête du classement général de l’Eneco Tour avec une seconde d’avance. C’est bien, ça, et je l’ai vu comme tout le monde, sur Sporza, la jatte sur l’accoudoir.
Mais moi j’ai regardé les deux de devant. Fariba Hashimi, championne d’Afghanistan, et Talia Appleton, l’Australienne. Deux, pas plus, dans une étape de 79,5 kilomètres autour d’Ede. Et elles ont été reprises dans la dernière ligne droite. La dernière ligne droite, hein. Pas à dix kilomètres, pas à la flamme rouge. Là où on voit déjà l’arche.
Une échappée à deux, c’est un bureau à deux. On se partage les relais, on regarde l’ardoise, on fait le calcul de l’écart à voix haute même quand on sait que ça ne tient pas. Derrière, le peloton fait son calcul aussi, et c’est lui qui a la plus grosse calculette. Chez nous, on partait parfois comme ça, pour que le maillot passe à la télé une demi-heure. Ça comptait pour le sponsor des châssis. Une demi-heure de maillot lourd à l’écran.
À la fin, la caméra s’est tournée vers le sprint, et c’est normal, c’est là que la course se décide. Les deux de devant, on les a vues se faire avaler, et puis plus rien. Ce qui est venu après pour elles, je ne l’ai pas vu, alors je ne vous le raconte pas.
Deux coureuses devant jusqu’à la dernière ligne droite, ça fait deux vélos à laver quand même, Rik.
Devant, je ne sais pas. Le sprint, je l’ai vu comme vous. Derrière l’arche, après, il y a toujours quelqu’un qui demande un bidon et qui le reçoit sans un mot. Le podium était démonté que je regardais encore le replay, en cherchant le moment où l’ardoise a dit zéro. De koers, c’est aussi ça. J’ai refait du café.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



