Aux Mondiaux et aux championnats d’Europe, on court pour son pays, et on court sans radio. Pas d’oreillette, pas de voix du directeur sportif dans l’oreille. Les coureurs doivent courir davantage à l’instinct, les directeurs sportifs doivent être plus créatifs pour joindre leurs hommes pendant la course.
Les avis sont partagés, et pas qu’un peu. Wout van Aert est contre. « Ce n’est pas de notre époque, ça n’a aucun sens. Je ne peux pas être assez critique là-dessus. Nous sommes des professionnels habitués à courir avec des radios. C’est tout simplement stupide qu’on ne puisse pas le faire dans la course la plus importante », a-t-il dit, cité par WielerFlits.
Mathieu van der Poel, lui, s’est exprimé après le Mondial de Montréal dans un entretien avec la NOS : « C’est ce qu’il y a de plus beau, courir à l’intuition et sans oreillettes. Ça donne toujours de belles courses. J’en suis fan. Il faut alors vraiment courir à l’instinct, et c’est ce que je préfère. »
Entre les deux, Philippe Gilbert a proposé cette semaine, dans Dans Le Peloton sur RTL Sports, qu’un ou deux coureurs par équipe endossent le rôle de capitaine, et il aimerait voir une course test avec une ou deux radios par équipe.
À la rédac, un seul homme a une expérience longue de la course sans oreillette : celui qui part à neuf heures vingt.
Moi, je roule sans radio tous les dimanches. L’instinct, je connais : c’est savoir si le groupe a tourné à gauche à Ohain pendant que je remplissais le bidon. Retirez l’oreillette, le GPS qui a perdu le signal et le gars devant qui zigzaguait : il reste le capitaine. Chez nous, c’est celui qui connaît le café. Je ne dis pas que ça fait un Mondial. Je dis qu’on peut discuter. Au café, on a discuté jusqu’à midi, sans radio, et tout le monde avait un avis.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




