Mon compteur dit que j’ai fait 3 200 kilomètres cette année. Il ne dit pas combien de managers m’ont appelé. Zéro. Je viens de vérifier le GSM, au cas où.
Daan Depuydt, lui, a dit à WielerFlits qu’après sa victoire, son téléphone a explosé avec des managers qui voulaient parler. C’était au Tour du Limousin : deuxième le premier jour, vainqueur au sprint deux jours plus tard, notamment devant Alex Aranburu. L’an dernier, il ne faisait que des courses de niveau club. Il travaillait comme plombier indépendant. L’année prochaine, Picnic PostNL. Soudal Quick-Step et quelques autres grands WorldTeams s’intéressaient aussi à lui.
Je fais le calcul. Moi aussi, j’ai un niveau club. Le club de Lasne, maillot navy à bande lime, départ à neuf heures, enfin neuf heures vingt. Moi aussi j’ai un métier. Moi aussi je sprinte : pour le panneau de Lasne, chaque dimanche, contre Bernard, qui ne sait pas que c’est un sprint.
Il dit aussi qu’il ne connaît les grandes courses que par la télé. Là, j’ai un avantage. Le Ronde des cyclos, trois fois. Le Kwaremont avec le sac. J’ai le segment. Lui ne l’a pas encore.
Il a gagné une étape. Vous avez gagné un panneau. Je note la différence.
Retirez le sac, le café, et Bernard qui ne sait pas que c’est un sprint : on en reparle. Je ne dis pas que Picnic PostNL m’appelle. Je dis qu’on peut discuter.
Il a choisi l’équipe notamment pour rouler régulièrement pour son propre compte. Moi c’est pareil le dimanche. Personne ne roule pour moi non plus. Au café, on a discuté jusqu’à midi, le GSM posé à côté de la jatte. Il n’a pas explosé.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




