J’ai une clé à molette sur l’établi depuis onze ans. Elle sert à tout : le jeu de direction, le pied d’atelier qui se desserre, et une fois le siphon de l’évier du magasin. Le siphon, je l’ai mal fait. Il goutte encore.
Daan Depuydt, lui, était plombier indépendant jusqu’à l’été dernier. Il combinait le vélo et le boulot, puis il a complètement arrêté de travailler. L’an dernier, il ne courait que des courses de niveau club. Cette saison, il a débuté au niveau continental chez Baloise Verzekeringen-Het Poetsbureau Lions, l’équipe de Sven Nys. Au Tour du Limousin, deuxième le premier jour, et deux jours plus tard il gagne au sprint, notamment devant Alex Aranburu. L’an prochain, il roule chez Picnic PostNL.
Je l’ai lu sur WielerFlits, la radio de l’atelier en fond. Il a dit que quand il a gagné, son téléphone a explosé avec des managers qui voulaient parler. Chez moi, quand le GSM vibre sous le pied d’atelier, c’est un dérailleur tordu. Pas un manager.
Alors je démonte. Un plombier, ça connaît la pression. Au bar près, sinon ça fuit. Ça connaît le joint qui frotte, le raccord qu’on serre d’un quart de tour, pas plus. Un sprint, c’est pareil : une pression qui monte dans un tuyau et qui sort au bon endroit. D’accord. Mais avec quelle pression dans les boyaux ? Ça, WielerFlits ne le dit pas.
Il a aussi dit que le monde du vélo est tout nouveau pour lui, qu’il ne connaît les grandes courses que par la télé. Moi je connais les grandes courses par la radio. On est quittes, hein.
Les tuyaux, il les connaît. Maintenant il va apprendre où sont les bidons dans la voiture.
Il a choisi Picnic PostNL notamment pour pouvoir rouler régulièrement pour son propre compte. Indépendant, quoi. Ça ne se perd pas.
Je vais refaire le siphon du magasin, tiens. Je ne dirai pas qui m’a donné l’idée.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




