Pas d’oreillette ni de radio aux championnats du monde, c’est la règle. Pour le Mondial au Canada, dimanche, la fédération belge écrira donc sur les bidons de ses coureurs professionnels, distribués à chaque tour dans les zones de ravitaillement, les « boxen ». Les panneaux, eux, restent, comme chaque année. Remco Evenepoel trouve l’idée bonne, avec une réserve : « Si tu rates un bidon avec un message important, tu ne l’as pas vu », a-t-il dit à Sporza. Il a compté douze tours, douze occasions.
Moi, dimanche dernier, j’ai essayé de lire l’itinéraire sur le GSM dans la descente de Lasne. Trois lignes, deux virages ratés, une crêpe au café pour me remettre. Eux, ils vont lire un bidon en pleine course. Retirez le vent, le bidon qui colle et le gars qui zigzague devant : on en reparle. Je ne dis pas que je lirais mieux. Je dis qu’on peut discuter de la taille de la police. Au club, la consigne, c’est le capitaine qui la crie sur la place au départ. À neuf heures. Je suis un homme de neuf heures vingt : je ne l’ai jamais entendue.
« Nous l’avons testé vendredi chez les espoirs. Nous travaillons comme chaque année avec des panneaux, mais nous avons aussi imaginé un autre système avec les bidons », explique le sélectionneur Serge Pauwels. Il a évoqué en riant des vraies consignes les tours pairs et des fausses les tours impairs, avant de trouver l’idée exagérée : « Non, c’est exagéré, hein. Parce que sur les panneaux, les autres peuvent lire aussi. »
Wout van Aert, lui, ne crie pas au génie : « Ce n’est pas une invention géniale. Ça existe depuis longtemps, même si je n’ai encore jamais couru comme ça. Pour moi, ce sera nouveau. » Il n’y avait pas encore pensé, mais il parle d’un langage codé à convenir, pour que la tactique belge ne soit pas percée à jour.
Le système a d’ailleurs déjà fait une touche imprévue. Lors de la course des espoirs, un bidon à message a fini par erreur dans les mains du caméraman de Sporza. C’est comme ça que la rédaction a découvert le système.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




