Dylan Teuns arrête. Douze saisons, une Flèche wallonne, un Tour de Pologne, deux étapes du Tour de France. Et le lendemain de l’annonce, le 30 octobre, il est quand même allé rouler. Ça, je comprends. On arrête la course, on n’arrête pas la sortie.
Il dit que sa plus belle victoire, c’est la Flèche, sur le Mur de Huy, devant Alejandro Valverde. Le Mur, j’ai le segment. Un samedi de septembre, avec le club, départ neuf heures vingt de la place de Lasne, voiture jusqu’à Huy parce que je ne suis pas fou. Sac à dos, deux bananes, un coupe-vent que je n’ai jamais mis. J’ai monté le Mur en entier sans poser le pied. Le dernier virage, je l’ai fait en regardant mon compteur, comme tout le monde.
Maintenant, la colonne. Retirez le sac. Retirez le gars du club qui s’est arrêté au milieu et que j’ai attendu, par politesse. Retirez le vent, que j’ai eu de face, et que j’aurai de face en redescendant aussi. Retirez le fait que lui avait Valverde à devancer, et moi un tracteur, que j’ai vouvoyé. On a une base de discussion. Je ne dis pas que je gagne la Flèche. Je dis qu’on peut discuter.
Il va maintenant s’occuper de tout sur l’exploitation. « Maintenant, nous sommes en train de semer du blé d’hiver », a-t-il dit à Sporza. Il a ajouté qu’il n’avait pas l’intention de faire beaucoup de travail manuel, en riant, et qu’il préfère faire le plus possible à la machine. Là-dessus, on est d’accord. Moi aussi, quand il y a une côte, je préfère le plus petit pignon.
Le blé d’hiver, c’est comme le gruppetto : ça part tard et ça arrive dans les délais.
Il a aussi dit qu’il avait encore des possibilités, mais plus au niveau qu’il visait, et que c’était dommage. J’ai lu ça au café, dimanche, à la troisième jatte. On a parlé de la Flèche jusqu’à midi. Puis de mon segment. Personne n’a demandé mon temps.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



