La télévision a montré la photo-finish, et c’est normal, c’est le moment où on la montre. Remco Evenepoel devant Giulio Ciccone, de rien du tout, champion d’Europe. Le dernier titre qui lui manquait. Je suis content pour lui, je l’ai vu sur Sporza comme tout le monde, en cherchant autre chose.
Parce que moi, ce que je regarde, c’est une ligne plus haut dans le résumé. Une échappée de six, avec Luka Mezgec dedans, reprise à 82 kilomètres de l’arrivée, sous l’impulsion de la Belgique. Sous l’impulsion. C’est une jolie façon de dire que la Belgique a fait le travail. Qui, combien de temps, à quel moment ils se sont relevés, je ne sais pas, on ne me l’a pas dit. Mais je sais comment ça se passe en général. Chez nous, on se mettait devant le peloton, on roulait le nez au vent, on se retournait, on voyait le leader bien à l’abri, et on continuait. C’est le plan.
Après, il y avait la bosse de Mozjanca, cinq fois. Cinq fois la même côte. Derrière, ça devient un bureau, ce genre de circuit : on sait où on souffre, on sait où on récupère, quelqu’un connaît la descente. Les Italiens ont durci au deuxième passage. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire que le deuxième passage, c’est celui où on commence à compter.
Christian Scaroni a fini troisième, seul, à 59 secondes, après être sorti d’un groupe de poursuivants avec Mathys Rondel. Ça aussi, c’est une course qu’on ne voit pas beaucoup. Rouler seul pour une médaille, c’est une façon de finir que je respecte.
Les gars qui ont roulé à 82 kilomètres, leurs vélos, il faudra les laver comme celui du champion, hein.
Elle a raison. Le podium, à l’heure qu’il est, il est démonté. Il reste les gars qui ont roulé à 82 kilomètres, et une jatte de café quelque part à Sencur. Un bidon, ça se mérite. Une médaille aussi, mais elle, on la voit.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.




