Photo-finish entre Remco Evenepoel et Giulio Ciccone, dimanche, à l’Euro. Même temps pour les deux, selon le classement non officiel. Ciccone a lancé de loin, Remco a été distancé, puis il a réagi sur la fin. Champion d’Europe. C’était le dernier titre qui lui manquait.
J’avais la radio de la camionnette sur la course, une jatte sur l’établi et le vélo du petit Delcourt sur le pied d’atelier. J’ai regardé l’écran une seule fois, pour la photo. Deux roues avant, une ligne. Moi, sur une photo comme ça, je ne regarde pas qui gagne. Je regarde les pneus.
Parce qu’une photo-finish, c’est une affaire de quelques millimètres. Et quelques millimètres, sur un vélo, ça se trouve. Une chaîne propre ou pas. Un pignon qui hésite au moment où tu relances. Un pneu à un dixième de bar de trop, qui rebondit au lieu de mordre. Tout le monde va parler du sprint qui part de loin et de celui qui revient. D’accord. Mais avec quelle pression ? Personne ne pose la question. Moi si.
La bosse de Mozjanca, ils l’ont montée cinq fois, 2,1 kilomètres à 10,2 %. Cinq fois la même côte, ça use une cassette, hein. Et à la fin, il faut encore que le dérailleur passe le dernier pignon sans réfléchir. Ça, l’écran ne le montre pas. Un dérailleur, tu ne le vois pas, tu l’entends.
Le mécano, on ne le montre jamais sur la photo. Pourtant il est dedans, quelque part.
Rik a raison, pour une fois. Le petit Delcourt veut faire des sprints à deux, depuis dimanche. Je vais commencer par lui nettoyer la chaîne, tiens. Le reste, on verra avec le manomètre.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.




