Constat. Au championnat d’Europe, Remco Evenepoel devance Giulio Ciccone de quelques millimètres. La photofinish le désigne vainqueur. Christian Scaroni est troisième.
Le lendemain, Giulio Ciccone publie un long message. Il écrit qu’Evenepoel était le plus fort. Il écrit aussi que le titre s’est joué sur 0,0028 seconde. HLN précise que les données donnent 0,00028 seconde.
Je note un zéro de différence entre les deux chiffres. Un zéro, c’est un facteur dix. Je ne commente pas qui l’a. Je note qu’il existe.
Premièrement. L’UEC indique que son système enregistre la ligne 13 000 fois par seconde. Deuxièmement. L’axe horizontal de l’image représente le temps, pas la distance. Troisièmement. Le point de référence est l’avant de la roue avant au moment où il franchit la ligne. Ces trois éléments figurent au communiqué. Je les classe.
J’ai ensuite sorti mon chronomètre de kermesse. Il affiche le dixième. Le centième, il le promet sur la boîte. Le millième, il ne le connaît pas. Le dix-millième, il n’en a jamais entendu parler. Pour atteindre 0,00028, il me manque trois chiffres derrière la virgule et, si je suis honnête avec mon pouce sur le bouton, une conviction.
Dimanche dernier, j’ai classé deux coureurs ex aequo au sprint d’une prime. Je n’avais pas 13 000 images. J’avais mon œil et un poteau. Je constate que mon œil n’est pas un instrument homologué. Je l’ai toujours su. Je ne l’avais pas encore écrit.
Verdict sur mon chronomètre : non conforme.
Ce que je ne note pas : combien de fois j’ai recompté les zéros.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



