Remco Evenepoel a battu Giulio Ciccone de quelques millimètres à l’Euro. Photofinish. Le lendemain, Ciccone dit sur Instagram qu’il veut voir une image prise exactement sur la ligne réelle. L’UEC répond le soir. J’ai lu tout ça sur l’établi, une jatte refroidie à côté du pied d’atelier.
Une phrase m’a arrêtée. Pour l’UEC, le point qui compte, c’est « l’avant de la roue avant au moment exact où elle franchit la ligne d’arrivée ». L’avant de la roue avant, chez moi, ça a un nom. C’est le pneu. Le reste du vélo, la fédération peut le déformer sur sa photo, elle le dit elle-même : roues, vélos et coureurs peuvent avoir l’air tordus, l’axe horizontal c’est du temps, pas de la distance. Le pneu, lui, décide.
Donc un titre européen s’est joué sur la partie du vélo que je regonfle le samedi soir. Ça va ?
Je suis allée chercher mon manomètre. Le gros, celui à cadran. Je l’ai comparé avec le petit digital du magasin. Deux dixièmes d’écart, sur le même pneu. Deux dixièmes. HLN parle de 0,00028 seconde à l’arrivée, et moi je n’arrive pas à mettre d’accord deux manomètres sur un pneu de kermesse.
J’ai regonflé, j’ai remesuré, troisième chiffre. À ce stade, ce n’est plus le pneu, c’est moi.
Ciccone dit qu’Evenepoel était le plus fort et qu’il a beaucoup de respect pour lui. Il veut une image précise, je comprends. Moi aussi, je voudrais une mesure précise. La différence, c’est que lui, il a 13 000 images par seconde en face, et moi un cadran avec une aiguille qui tremble.
Demain je commande un manomètre neuf. Et je vais regonfler tous ceux du club, l’avant d’abord, puisque c’est lui qui passe la ligne, hein.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



