On a beaucoup parlé du maillot. Le maillot neuf de champion d’Europe d’Evenepoel, qui n’était pas arrivé en Lombardie vendredi, que personne n’avait vu, et qu’il faut fabriquer sans modèle parce que personne avant lui n’avait gagné tous les championnats sur route. Red Bull espère qu’il l’enfilera à 17 h, à la présentation des équipes. C’est une belle histoire, et c’est normal qu’on la raconte, c’est le moment où on parle du leader.
Moi, j’ai regardé la liste. Giovanni Aleotti, Mattia Cattaneo, Gianni Moscon, Giulio Pellizzari, Jai Hindley et Primoz Roglic. Six. Pour eux, personne ne parle de colis. Personne n’attend leur paquet.
Chez nous, dans l’équipe des châssis, on avait le maillot le plus lourd du peloton, et il arrivait toujours. Le jour où le maillot du leader n’arrivait pas, on ne le remarquait pas trop derrière : on avait les bidons à chercher, et un bidon, ça ne se présente pas à 17 h, ça se tend quand on te le demande.
La reconnaissance, il l’a faite sous la pluie et la brume, plus de 75 kilomètres, Klaas Lodewyck dans la voiture. Je n’ai rien vu de plus que ce que HLN raconte, alors je ne dis rien de plus. Je sais seulement que dans une voiture suiveuse sous la brume, on ne voit pas grand-chose, et qu’on regarde surtout le coureur devant le capot.
Six équipiers, Rik, et pas un colis à attendre. Comme mon club. On en reparle.
Samedi soir, quand le podium sera démonté, on parlera peut-être encore du maillot neuf. Et derrière, quelqu’un lavera les maillots de tout le monde. Devant, je ne sais pas. Derrière, c’est la lessive qui tient la course.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



