Lorenzo Finn passe chez Red Bull-BORA-hansgrohe en 2027, en WorldTour. À la télévision, et dans les journaux, on va montrer ce qu’il y a devant : champion du monde juniors, champion du monde espoirs, le Giro Next Gen et le Tour de l’Avenir cette année, et ses débuts aux Mondiaux élite fin septembre. Ça, tout le monde l’a vu. Devant, je ne sais pas, je n’y ai jamais été.
Ce qui m’a fait relire l’article, c’est Zak Dempster. Il dit que Finn est le premier coureur à avoir suivi le parcours de formation de l’équipe depuis les juniors, et il a dit à WielerFlits : « Cela montre que notre concept fonctionne. » Un parcours depuis les juniors, dans la même maison. Je trouve ça beau, et je me demande ce qu’il y a dedans qu’on ne raconte pas.
Parce qu’un parcours, ce n’est pas seulement des maillots de champion. Quelque part, il y a forcément une saison où quelqu’un vous apprend à quelle hauteur on tend la main à la voiture, quel directeur sportif parle doucement à la radio, et où on range le bidon vide sans le lancer dans le fossé. Chez nous, ça s’apprenait le premier printemps, dans le dos du peloton, en regardant faire les anciens. Personne ne l’appelait concept. On disait de koers, et on suivait.
Lui espère un grand tour dès sa première saison complète, le Giro ou la Vuelta. Il n’en a pas encore parlé avec l’équipe. C’est bien, d’espérer. Un grand tour, c’est trois semaines de voiture qui remonte la file, et de bidons qui changent de mains. Et il dit qu’il n’a pas d’attentes particulières pour sa première année. Ça, c’est une phrase de quelqu’un qui sait que la première année, on apprend où sont les choses.
Formé depuis les juniors, d’accord. Mais qui lui a appris à régler sa selle ?
Dimanche, dans la voiture du club, j’ai montré à un nouveau où on range les bidons pleins, côté droit, sous le siège. Il a hoché la tête. Au café, après, personne n’en a parlé, et c’est très bien comme ça.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




