Lorenzo Finn passe chez les pros en 2027, chez Red Bull-BORA-hansgrohe. Dix-neuf ans. Champion du monde juniors en 2024, champion du monde espoirs en 2025, et cette année le Giro Next Gen puis le Tour de l’Avenir. Fin septembre, il a fait ses débuts aux championnats du monde élite. J’ai lu tout ça le lundi matin, la jatte sur le garde-boue du vélo d’hiver.
Et puis il y a la phrase qui m’a arrêté. Il espère faire un grand tour dès sa première saison complète, le Giro ou la Vuelta. Il n’en a pas encore parlé avec l’équipe.
Ça, je connais. Ça fait trois ans que je veux faire la sortie longue du club, celle qui part de la place de Lasne et monte jusqu’au Mur de Grammont. Je n’en ai pas encore parlé au club. J’ai le parcours sur le compteur, j’ai calculé les cafés, j’ai prévu le sac. Il manque juste la conversation. On a tous ce dossier-là quelque part.
Pour être juste, il a dit autre chose à WielerFlits : « Je n’ai pas d’attentes particulières pour ma première année chez les pros. » Pas d’attentes, mais un grand tour en tête. Moi c’est pareil le dimanche : je roule pour le plaisir, et je regarde le compteur.
Je ne dis pas que j’ai son calendrier. Je dis que sur la méthode, on peut discuter. Lui a un Giro dans un coin de la tête, moi j’ai Grammont, et aucun de nous deux n’a encore ouvert la bouche.
Avant le Giro, il faudra quand même qu’il demande quel vélo on lui donne, hein.
Dimanche, à neuf heures vingt, j’ai failli en parler au président. Il ajustait son cuissard. Au café, personne n’a demandé, et on a discuté de la météo jusqu’à midi.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




