Patrick Lefevere est contre l’interdiction des oreillettes aux championnats du monde et d’Europe. Il l’a dit à WielerFlits. Son argument, traduit fidèlement : les coureurs sont tous bien payés, alors l’employeur doit quand même pouvoir leur donner des ordres.
J’ai lu ça dimanche soir, après ma sortie, les pieds encore dans les chaussures. Et j’ai fait le compte. Je roule avec le club depuis la place de Lasne, départ à neuf heures, enfin neuf heures vingt. Personne ne me paie. Donc, si je suis bien le raisonnement, personne n’a le droit de me donner un ordre. Ça se vérifie : on m’en donne quand même, et je ne les suis pas.
« On rentre par Overijse. » Je suis rentré par Huldenberg. J’ai le segment.
Lefevere a une autre image, celle du patron d’usine qui regarde depuis le deuxième étage des erreurs qui lui coûtent cher, sans pouvoir intervenir. Moi, le deuxième étage, c’est ma femme à la fenêtre quand je pars à neuf heures vingt. Elle voit l’erreur. Elle ne peut pas intervenir. Elle me dit après ce qui n’allait pas.
Chez les pros, ça ne tranche pas. Wout van Aert n’est clairement pas fan de la course sans oreillettes, Mathieu van der Poel est dans l’autre camp. Je n’ai pas d’avis sur eux. J’ai un avis sur le GSM sur le cintre : il vibre toujours dans le Kwaremont.
Une radio, c’est bien. Mais derrière, on finissait toujours par regarder la voiture.
Il y a quand même un point où je suis Lefevere sans discuter : la traînée d’huile sur la route. Il dit qu’on peut au moins prévenir les coureurs. Le dimanche, ça, on le crie à l’arrière, sans oreillette, et tout le monde écoute.
Retirez la paie, retirez la radio, retirez la fenêtre du deuxième étage : il reste un gars qui crie « huile » dans un groupe. On en a discuté au café jusqu’à midi.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.




