Greg LeMond a parlé à Ouest-France. WielerFlits l’a repris, et la radio de l’atelier en a dit deux mots pendant que j’avais un pédalier dans les mains. « Seixas est le prochain Hinault. S’il garde la tête sur les épaules, il a le talent pour gagner le Tour », a-t-il déclaré.
Tout le monde a retenu Hinault. Moi j’ai retenu la condition. La tête sur les épaules. Chez moi, ça a un nom : le jeu de direction. Si c’est serré comme il faut, le vélo va où tu le regardes. Trop lâche, ça claque dans les kasseien. Trop serré, ça ne tourne plus, et tu prends le virage tout droit.
Et la potence, ça va ? Une potence, ça se serre au couple, pas au bras. Je vois des gamins du club qui serrent comme s’ils voulaient la punir. Après, ils me disent que le vélo « ne répond pas ». Il répond très bien. Il répond qu’il est trop serré.
LeMond dit aussi que Pogacar était bon à dix-neuf ans et que Seixas, au même âge, est tout aussi bon que lui. D’accord. Mais avec quelle pression ? Personne ne le demande jamais. À dix-neuf ans, chez nous, on gonflait au doigt, en appuyant sur le pneu.
La tête sur les épaules, dans le gruppetto, c’est surtout pour la descente.
Je ne connais pas son vélo, je ne l’ai pas eu sur le pied d’atelier. Je sais juste qu’un cadre qui ira loin, c’est d’abord une direction qui ne prend pas de jeu. Le reste, c’est de la carte postale.
J’ai ressorti la clé dynamométrique et je vais vérifier les jeux de direction des vélos du club, tiens. Il drache, demain ils seront tous dans la boue.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.



