La sélection pour Zeddam est sortie, et tout le monde lit le haut de la liste, c’est normal, c’est là qu’on met les noms qu’on connaît. Huit élites hommes, Thibau Nys, Michael Vanthourenhout, Laurens Sweeck et les autres, trois élites femmes, Julie Brouwers, Alicia Franck, Sterre Vervloet, et puis les espoirs, les juniors. Angelo De Clercq a tout rangé, catégorie par catégorie, les 7 et 8 novembre aux Pays-Bas.
Moi j’ai lu jusqu’en bas. Il y a une ligne, à la fin, avec quatre noms : Kay De Bruyckere, Wout Janssen, Toon Vandebosch, Victor Van de Putte. Les remplaçants désignés. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire ce que c’est, une ligne comme ça.
Chez nous, dans l’équipe des châssis, on avait toujours un gars qu’on appelait le cinquième pneu. Il faisait le voyage, il dormait dans la même chambre que les autres, il mangeait les mêmes pâtes, et il avait son sac prêt au pied du lit, au cas où. On ne savait jamais s’il allait courir. Lui non plus. Il gonflait ses boyaux quand même, le matin, et il les dégonflait le soir. C’est un métier, ça, attendre bien.
On dit remplaçant, mais c’est un équipier qui n’a pas encore reçu son dossard. Et le jour où on l’appelle, personne ne demande s’il est prêt : il l’était depuis le début, c’est pour ça qu’il est sur la liste.
À la télévision, à Zeddam, on montrera les huit, les trois, les médailles. Les quatre de la ligne du bas, on ne les verra peut-être pas. Moi je les chercherai quand même, sur Sporza, près des barrières, avec une veste de l’équipe nationale sur le dos et les mains dans les poches.
Un bidon, ça se mérite. Une ligne en bas d’une sélection aussi. Le dimanche soir, quand le podium sera démonté, j’espère que quelqu’un leur offrira une jatte de café. Moi, à Renaix, je boirai la mienne à leur santé, en regardant la boue sécher sur la voiture du club.
Le fait est vrai, on a vérifié : DirectVelo.




