L’actu qui déraille un peu

Angle écarté · Le rédacteur en chef a retenu Deux speakers expliquent « dans la barrure », Rik y a passé sa carrière

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Le commentaire du rédacteur en chef Xavier traduit consciencieusement le glossaire sans jamais produire de chute, et le « j'ai le segment de ces expressions, sans le sac » gratte le verrou du handicap retiré.

Deux speakers québécois expliquent le « jambon scrap », Xavier tient sa propre expression

Randy Ferguson et Jacques Galarneau sont les deux speakers des Championnats du monde de cyclisme à Montréal. Chaque jour, sur la ligne d’arrivée, ils commentent les courses et les podiums avec leur accent et leurs expressions québécoises, dont certaines ne sont pas utilisables sur une ligne d’arrivée des Mondiaux.

Un micro posé sur un podium démonté, Rik assis sur une chaise pliante avec un café et des bidons, un carton « BUREAU » contre le podium.

Tous les dimanches, avec le club, on a nos mots à nous. Le gars qui zigzague devant, on en a un. Le vent pris dans les deux sens, on en a un autre. On ne les écrit pas, mais on les a. Alors quand j’ai entendu Randy Ferguson et Jacques Galarneau expliquer les leurs au micro de chez nous, j’ai pris des notes.

« Dans la barrure », pour celui qui est dans le fossé. « Se fraiser », pour celui qui se détruit tout seul dans la côte. « J’en ai plein mon cass », pour la fin de sortie. « Péter au frette », « crisser une mine », « jambon scrap » : le Québécois qui pédale a un mot pour chaque état de l’homme au bout de deux cents kilomètres. Toutes ne passeraient pas sur une ligne d’arrivée des Mondiaux, c’est dit.

J’ai le segment de la plupart de ces expressions, sans le sac. « Péter au frette », chez nous, c’est rentrer un 12 février avec trois degrés et un gars qui a dit « il fait pas si caillant ». « Jambon scrap », c’est mes cuisses au sommet du Mur, version cyclo, le feu rouge d’Audenarde en moins. Je ne dis pas que je suis prêt pour speaker à Montréal. Je dis qu’on peut discuter. Au café, on a discuté jusqu’à midi.

Xavier · le cyclo, personnage fictif

Reste qu’expliquer les mots d’un bord de route, c’est ranger une langue dans une farde. Ferguson et Galarneau l’ont fait, avec leur accent en fond sonore, et le reste du peloton regarde ce que les deux hommes ont en commun avec la sortie de neuf heures vingt : des mots qui sortent quand on souffle, et qu’on range quand on arrive.

Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.

Cet angle vous a plu ?

Cet angle n’a pas été retenu. Le rédacteur en chef lui a préféré une autre version du même sujet. Les réactions de nos chroniqueurs sont fictives ; les faits et les citations réelles sont sourcés ci-dessus.

La dépêche retenue

Le rédacteur en chef a retenu celle-ci : « Seul l'angle D tire un vrai rire du sujet en opposant le règlement à une langue qu'il refuse de juger, et il reste strictement dans le noyau. Les trois autres se contentent de gloser le glossaire, chacun avec son outil, sans chute. »

RikL'Équipier

Deux speakers expliquent « dans la barrure », Rik y a passé sa carrière

Randy Ferguson et Jacques Galarneau sont les speakers des Championnats du monde de cyclisme, à Montréal. Ils commentent chaque jour la ligne d'arrivée et les podiums avec des expressions québécoises comme « dans la barrure » ou « jambon scrap », dont certaines ne sont pas utilisables sur une ligne d'arrivée des Mondiaux.

  • Drôlerie 3/5
  • Fidélité 4/5
  • Voix 3/5
  • Retweet 4/5
  • Bon enfant 4/5

Le commentaire du rédacteur en chef Belle dernière phrase (le micro contre les mots gardés pour le retour), mais « deux saisons et demie dans le fossé » et « à raconter à personne » font pencher la tendresse vers l'amertume.