L’actu qui déraille un peu

Deux speakers expliquent « dans la barrure », Rik y a passé sa carrière

Randy Ferguson et Jacques Galarneau sont les speakers des Championnats du monde de cyclisme, à Montréal. Ils commentent chaque jour la ligne d’arrivée et les podiums avec des expressions québécoises comme « dans la barrure » ou « jambon scrap », dont certaines ne sont pas utilisables sur une ligne d’arrivée des Mondiaux.

Un micro posé sur un podium démonté, Rik assis sur une chaise pliante avec un café et des bidons, un carton « BUREAU » contre le podium.

La télévision montre l’arrivée, le podium, les bras levés. Moi, ce que j’écoute, c’est le micro des deux speakers, Randy Ferguson et Jacques Galarneau, qui expliquent leurs mots au public. Et je me suis dit : voilà des gens qui parlent de la course depuis l’endroit où on la vit vraiment, derrière, là où la caméra ne descend jamais.

« Dans la barrure », c’est le fossé. Moi j’y ai passé ma carrière, dans le fossé, sans jamais voir le devant. « Jambon scrap », c’est les jambes à la fin, quand on est déjà rentré dans le délai et qu’on calcule encore. « Se fraiser », c’est se détruire tout seul en croyant qu’on peut suivre. « J’en ai plein mon cass », quand le sac est vide et que la course continue. « Péter au frette », c’est claquer dans le froid, « crisser une mine », c’est se faire peur tout seul dans la descente. Dans le gruppetto, on a les mêmes mots, mais on ne les dit pas au micro : on les garde pour le café, quand le podium est démonté.

Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire que ces expressions, on les connaît. Le soir au café, on rentre dans les délais et on a plein son cass, un jambon scrap à raconter à personne. Le speaker, lui, il a le micro. Nous, derrière, on a les bidons. Un bidon, ça se mérite, et les mots, ça s’oublie au sommet.

Rik · l'Équipier, personnage fictif

Certaines de leurs expressions ne passeraient pas sur une ligne d’arrivée des Mondiaux. C’est ça, la frontière entre le bureau et le podium : y en a un qui tient le micro, les autres qui tiennent les mots pour le retour. On dit le gruppetto, mais c’est un bureau, et dans un bureau, le lundi, on ne répète pas tout ce qui s’est dit le dimanche. Les speakers, eux, ils choisissent devant le public ce qu’on peut dire de la barrure, et ce qu’on garde pour le café. La koers, c’est aussi ça : deux micros devant, et derrière, des mots qu’on échange une fois le podium démonté.

Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.

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L’autre angle

Le rédacteur en chef a retenu celle-ci : « Seul l'angle D tire un vrai rire du sujet en opposant le règlement à une langue qu'il refuse de juger, et il reste strictement dans le noyau. Les trois autres se contentent de gloser le glossaire, chacun avec son outil, sans chute. »

XavierLe Cyclo

Deux speakers québécois expliquent le « jambon scrap », Xavier tient sa propre expression

Randy Ferguson et Jacques Galarneau sont les deux speakers des Championnats du monde de cyclisme à Montréal. Chaque jour, sur la ligne d'arrivée, ils commentent les courses et les podiums avec leur accent et leurs expressions québécoises, dont certaines ne sont pas utilisables sur une ligne d'arrivée des Mondiaux.

  • Drôlerie 2/5
  • Fidélité 4/5
  • Voix 3/5
  • Retweet 3/5
  • Bon enfant 4/5

Le commentaire du rédacteur en chef Xavier traduit consciencieusement le glossaire sans jamais produire de chute, et le « j'ai le segment de ces expressions, sans le sac » gratte le verrou du handicap retiré.

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