Sven Nys trouve le calendrier du cross gonflé et surchargé. Il l’a dit à Sporza, et j’ai lu ça sur le GSM posé sous le pied d’atelier, à côté d’une jatte froide. Selon lui, depuis dix ans, le calendrier s’adapte à quelques coureurs qui font du cross sur une période de plus en plus courte. Il cite Van Aert et Van der Poel.
Il dit aussi, je traduis fidèlement : « Si un cross ne rentre pas dans ton programme, choisis-en un autre. Bientôt, il faudra crosser deux fois le même jour pour les avoir au départ. »
Deux fois le même jour. Moi, je lis ça avec un vélo de cross sur le pied et de la boue jusqu’au boîtier. Entre deux manches, il faut tout rincer, hein. Le tuyau, la brosse, la chaîne qu’on dégraisse, les pneus qu’on regonfle. Un vélo propre, c’est déjà la moitié de la course. Deux courses, ça fait deux moitiés, et personne ne me dit quand je mange.
Il juge impossible de courir dix jours d’affilée autour de Noël. Je ne parle pas des coureurs, ce n’est pas mon rayon. Je parle des roulements. Dix jours de boue d’affilée, un roulement, tu ne le vois pas, tu l’entends.
Il propose de mieux répartir, peut-être en alternant d’une saison à l’autre entre le début et la fin. Ça, c’est un diagnostic de mécano : on étale l’usure. On ne change pas toutes les pièces la même semaine.
Deux crosses le même jour, il faudra deux voitures. Ou une voiture qui roule vite.
Dendermonde a ouvert la saison, les routiers n’ont pas encore pris leurs vacances. Mon tuyau, lui, est déjà déroulé sur le parking. Je ne dis rien de plus. Je vais vérifier la pression de l’arrosage, tiens.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




