Ce week-end, à Nannup, en Australie-Occidentale, il y a les Mondiaux de gravel, les premiers hors d’Europe, et la télévision va montrer celui qui gagne, c’est normal, c’est le moment où on le montre. Moi, ce que j’ai lu, c’est la liste de ceux qui ont dû acheter leur billet pour y être, et elle est longue.
Les Américains sont trois. Le champion des États-Unis, Cobe Freeburn, n’y va pas. Il a dit à Cyclingnews qu’une partie de la raison, ce sont les courses qui tombent en même temps, et une autre partie, le coût du voyage en Australie. Les documents de USA Cycling disent que les athlètes invités ou nominés paient leurs propres dépenses. C’est écrit comme ça, sans bidon.
Florian Vermeersch, le champion du monde, organise son voyage lui-même et paie ses vols, la fédération belge ne le soutient pas pour ça. Maddy Nutt, qui a fait toutes les éditions, paie avec l’argent de ses sponsors. Les Britanniques paient même le maillot. On dit les Mondiaux, mais pour beaucoup c’est un bureau de voyage : quelqu’un a l’escale, quelqu’un a l’hôtel, quelqu’un connaît le prix du bagage vélo, et tout le monde a peur du même chiffre en bas de la facture.
Moi, dans la voiture du club, le dimanche, c’est souvent moi qui avance l’essence, et on fait les comptes au café, une jatte devant, quand tout le monde est rentré. Ça ne fait pas des Mondiaux, ça fait une sortie, mais le geste est le même : on paie pour avoir le droit d’être là, derrière ou devant.
Trois partants américains. Je note le nombre. Je ne commente pas les absents.
Devant, je ne sais pas qui va gagner à Nannup. Derrière, je peux vous dire que chacun de ceux qui prendront le départ aura déjà gagné quelque chose : il sera arrivé jusque-là. Un bidon, ça se mérite. Un billet pour l’Australie aussi.
Le fait est vrai, on a vérifié : Cyclingnews.




