Florian Vermeersch est champion du monde de gravel. Il remet son titre en jeu ce week-end à Nannup, en Australie-Occidentale, et il a réservé ses vols lui-même. Il les paie lui-même aussi. La fédération belge distingue les disciplines olympiques et les autres, et le gravel est du côté des autres. J’ai lu ça dans la cuisine, le maillot navy à bande lime encore sur le dos, avant la sortie de neuf heures vingt.
Moi aussi, je paie. Mon inscription au Tour des Flandres des cyclos, trois fois. Le train pour Audenarde. La jatte au sommet du Kwaremont, que je compte dans mon temps. Personne ne m’a jamais remboursé une jatte. Je pensais que c’était le prix du cyclo. Je découvre que c’est aussi le prix du champion du monde, à une différence près : lui a un titre à défendre, moi j’ai un segment.
Chez les Britanniques, selon Cyclingnews, les coureurs paient voyage et hébergement, plus 60 livres pour un maillot ou 120 pour une combinaison, obligatoires en course. Sophie Wright, championne britannique, a dit à Cyclingnews qu’elle trouvait « un peu étrange de devoir acheter sa propre tenue à sa fédération pour représenter son pays ». Je comprends. Mon club me vend aussi le maillot. Mais je ne représente que la place de Lasne.
Aux États-Unis, le champion national Cobe Freeburn ne fait pas le déplacement, en partie à cause des courses en même temps, en partie à cause du coût du voyage en Australie, a-t-il dit à Cyclingnews. Seuls trois Américains y vont.
Alors j’ai fait ma colonne. Retirez le vol, retirez la fédération qui range le gravel du côté des autres. Il reste un champion du monde qui réserve ses billets lui-même, comme moi mon train pour Audenarde. Ça, c’est mon dimanche, en plus loin. Je ne dis pas qu’on fait le même métier. Je dis qu’on peut discuter de la note de frais.
Et les pneus, il les paie aussi ? Parce que le gravel, ça mange du tubeless, hein.
Au café, on a fait la collecte pour la jatte de Florian. Symbolique. Il ne la boira pas.
Le fait est vrai, on a vérifié : Cyclingnews.




