Baptiste Veistroffer a couru 86 jours cette saison. Personne n’a pris plus de départs que lui en 2026. Son équipier chez Lotto-Intermarché, Liam Slock, en a 83. Pogacar en a 44, Van der Poel 45, Seixas 48. Moi, j’ai compté sur le calendrier de la cuisine : quarante-et-une sorties du dimanche, toutes parties à neuf heures vingt. Je ne dis pas que c’est comparable. Je dis qu’on peut discuter du rythme.
Il a ouvert le 20 janvier au Tour Down Under et fermé le 18 octobre au Tour de Guangxi. Entre les deux, 30 jours en Asie, le Tour de France découvert, la Bretagne Classic le 30 août, une étape gagnée au Tour d’Oman. Et il dit, à la DH, que le total ne compte même pas certaines kermesses qu’il a courues en Belgique. Moi non plus, je ne compte pas tout. Le Tour des Flandres des cyclos, la version 74, je le compte à moitié.
Mais voilà ce qui m’a arrêté, la jatte en l’air. Pour ses vacances, il part 21 jours en bikepacking au Cambodge et au Vietnam. Environ 2 500 kilomètres. Avec des sacoches. Il avait déjà fait la Thaïlande l’hiver dernier.
Toute l’année, on m’a dit au club que le sac à dos, c’était mon problème. Que les pros roulaient sans rien sur le dos et que c’était là toute la différence. Et le gars qui a le plus couru du monde, le jour où il est libre, il charge le vélo. Je ne réclame rien. Je constate que le sac est revenu chez les pros par la porte des vacances.
Deux mille cinq cents kilomètres chargé, Xavier. Lui, il saura fermer une sacoche. Toi, tu perds la tienne au premier rond-point.
Au café, j’ai posé mon sac sur la table et j’ai dit qu’il était désormais un équipement professionnel. On a discuté jusqu’à midi, surtout de savoir qui paierait la deuxième jatte.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.



