Quatre-vingt-six jours de course, Baptiste Veistroffer. Le premier le 20 janvier en Australie, au Tour Down Under, le dernier le 18 octobre en Chine, au Tour de Guangxi. Le plus de départs de toute la saison. Derrière lui, son équipier Liam Slock, 83. Les autres, on les connaît mieux : Pogacar 44 jours, Van der Poel 45, Seixas 48. C’est normal, c’est eux qu’on filme.
Moi, la phrase que j’ai gardée, c’est celle-là, dite à la DH : « Quand le staff me proposait de rajouter un rendez-vous à mon agenda, je disais presque toujours oui car je n’aime rien de plus que la course. » Je connais cette phrase. Pas mot pour mot, mais je l’ai entendue dans une voiture, au début des années nonante. Chez nous, il y avait toujours un gars à qui on demandait s’il voulait bien faire une course de plus, et il disait oui avant la fin de la question. Il n’était pas sur la photo du podium. Il était dans le bus le lendemain. De koers tient sur ces gars-là.
Lui, il a quand même gagné une étape au Tour d’Oman, il a découvert le Tour cette année, il a fait la Bretagne Classic le 30 août. Et il a ajouté des kermesses belges qui ne rentrent même pas dans son total. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire : celui qui ajoute des kermesses à 86 jours, c’est quelqu’un qui aime la course plus que le calendrier.
Il dit que son rêve, ce serait de lever les bras sur le Tour de France. C’est une belle phrase. On la dit tous une fois.
Et ses vacances, Rik, c’est 2 500 kilomètres à vélo en Asie. Moi, je fais neuf heures vingt et je suis content.
Vingt-et-un jours de bikepacking au Cambodge et au Vietnam, après la Thaïlande l’hiver dernier. Quatre-vingt-six jours de course, et pour se reposer, il reprend le vélo. Un bidon, ça se mérite ; des vacances aussi, et lui les passe encore sur la selle. Moi j’ai bu mon café à Renaix en pensant à lui.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.



