À Zeddam, il y a vingt ans, Erwin Vervecken a gagné le championnat du monde de cross, le deuxième de ses trois titres, et cette année c’est lui qui a dessiné le parcours de l’Euro, qui se court là-bas la semaine prochaine, dans un village de Gueldre dont je n’avais pas retenu le nom avant de lire Sporza dans la cuisine, la jatte à côté du journal. Il a dit à Sporza que cette tâche était un honneur pour lui. C’est une jolie phrase. On ne demande pas souvent au gagnant de dessiner la route des suivants.
L’escalier, c’est la vedette du parcours, ça se comprend. Nonante-neuf marches rénovées, trois mètres de large partout, faites larges pour que les coureurs puissent se dépasser facilement. En 2006, elles étaient trop étroites pour le Mondial. Vervecken l’a dit lui-même, il est content que ce point d’attraction revienne.
Moi je regarde la passerelle. Soixante mètres, toute neuve. Une passerelle, on la regarde le temps qu’un coureur passe dessus, et puis on regarde ailleurs. Mais quelqu’un a mesuré les soixante mètres, quelqu’un les a mis là où le parcours en avait besoin, et elle sera encore là quand tout le monde sera reparti.
Le circuit fait un peu moins de trois kilomètres. Il suit dans les grandes lignes celui de 2006, adapté pour une course moderne et sûre. Derrière, en cross, on ne parle pas de gruppetto, on parle de tours, et le tour qui compte, c’est celui qu’on vous laisse finir. Chez nous, à la route, je ne connaissais que le délai. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire qu’un parcours se juge au dernier tour, quand l’escalier est vide et que la passerelle tient toujours.
Nonante-neuf marches. Moi, j’en ai quatorze à Lasne.
Après le cross, s’il y a un café quelque part près de la passerelle, j’irais là.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.



