La télévision a montré ce qu’elle montre. Demi Vollering seule à 38 km, reprise à 15, repartie à 10 avec Kasia Niewiadoma-Phinney, puis le sprint dans la bosse finale et les bras. Le bronze pour Elisa Longo Borghini, à 4 secondes.
Et puis la gagnante a parlé des autres. « Elles ont bossé tellement dur pour moi, elles se sont totalement sacrifiées, à 100 % pour moi », a-t-elle dit à la RTBF.
Derrière la ligne, Kasia Niewiadoma-Phinney est allée la féliciter : « Tu es la meilleure coureuse du monde et tu mérites ce maillot. » Rik aime cet endroit-là, juste après l’arrivée, où il n’y a plus de classement, seulement des bidons vides et des mains qu’on serre.
C’est le moment où on les remercie, et c’est bien. Moi, derrière, je regarde celles qui ont fini la journée sans la caméra. Chez les Polonaises aussi, le plan était écrit : Marta Lach, Marta Jaskulska et Kaja Rysz pour protéger les deux leaders. On lit leurs noms une fois, dans le plan, et puis plus jamais. Je ne sais pas ce qu’elles ont fait kilomètre par kilomètre, la télé ne me l’a pas dit. Mais je sais comment ça se passe, un jour comme ça : on roule, on donne ce qu’on a, et on finit dans les délais quand le podium est déjà monté. Devant, je ne sais pas. Derrière, c’est là que la course tient.
Rik a éteint Sporza au moment de la remise des maillots, qu’il ne regarde jamais. Il a fait réchauffer le café et il a relu la dernière phrase de Vollering : « Je n’aurais pas pu le faire toute seule. » Cent douzième du Ronde, lui aussi, ne l’avait pas fait tout seul.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.



