Jarno Widar a gagné la Tre Valli Varesine mardi, à vingt ans. Il a laissé Pidcock, Jorgenson et Simmons partir à environ cinq mètres, puis il est revenu depuis l’arrière, très vite. Pidcock n’a jamais pu revenir sur sa roue. Ça, je ne discute pas.
Ce que je discute, c’est la suite. Pour le Tour de Lombardie, il décrit le Civiglio comme quatre kilomètres à dix pour cent. Et il a dit à HLN : « Douze minutes à grimper très vite, c’est encore autre chose qu’un sprint pareil. » Il parle de grimper en général, pas d’une côte en particulier. Moi, quatre kilomètres à dix pour cent, j’ai ça à la maison : c’est à peu près ce qu’on monte le dimanche quand on enchaîne Overijse et Huldenberg et qu’on refuse de compter la descente entre les deux.
Mon temps, sur cet enchaînement, c’est vingt-six minutes. Avec le sac.
Je fais la colonne. Le sac : deux minutes, je suis généreux. L’arrêt pour remettre la chaîne : une minute trente. Le tracteur, que j’ai vouvoyé : une minute. Le vent, pris dans les deux sens alors que c’est une montée, ce qui reste un mystère : trois minutes. Le gars qui zigzaguait devant moi : une minute. Le café à Huldenberg, dont je compte la jatte et pas l’attente : deux minutes.
Reste quinze minutes et demie. Lui ne dit pas où il met ses douze minutes. Moi, je dis où je mets les miennes : Overijse, Huldenberg, avec le sac, entre un homme de vingt ans et un homme de neuf heures vingt.
Je ne dis pas que je fais quelque chose à Lombardie. Il cite Remco Evenepoel, Seixas et Del Toro comme rivaux, je ne suis pas dans la liste, et c’est très bien comme ça. Je dis qu’on peut discuter.
Au café, dimanche, on a discuté jusqu’à midi. Quelqu’un a demandé si ça comptait, le sprint. Je n’ai pas de segment pour le sprint. Je suis toujours Xavier.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



