Le gamin a gagné la Tre Valli Varesine mardi. Vingt ans. Il a laissé Pidcock, Jorgenson et Simmons prendre cinq mètres, à peu près, puis il est passé par-derrière, très vite. Pidcock n’est jamais revenu sur sa roue.
Après, il a parlé de confiance. « J’ai la confiance nécessaire pour finir une course comme ça. Je sais ce que je dois faire dans le dernier kilomètre et je ne vais pas paniquer ni faire les mauvaises choses », a-t-il dit à HLN.
Confiance. Bon. Chez moi, la confiance, c’est un câble neuf dans une gaine propre. Tu passes le pignon, il passe. Tu ne te poses pas la question au dernier kilomètre parce que tu l’as réglé le samedi.
Laisser cinq mètres et repartir, ça, c’est un dérailleur qui ne doute pas. Un dérailleur qui doute, il hésite sur le dernier pignon, et cinq mètres restent cinq mètres. Le sien n’a pas hésité.
Il dit aussi qu’il a eu une saison difficile et qu’il n’a jamais atteint ses vraies valeurs, avec des éclairs par moments. Des éclairs par moments, je connais. C’est le câble qui frotte : ça marche trois sorties sur cinq, et tu changes la gaine. Je ne sais pas ce qu’il a changé, lui. Je n’ai pas son vélo sur le pied.
Son manager, Kurt Van de Wouwer, dit qu’il a sprinté « comme s’il le faisait depuis vingt ans ». Vingt ans de réglage. Ça va ?
Je vais revoir les gaines des vélos du club, tiens. Sur la pression de ses pneus à Varese, je ne dirai rien : personne ne me l’a donnée.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



