Trois virgule un kilomètres à sept virgule deux pour cent. J’ai sorti le carnet où je note mes segments, sur la table du garage, entre deux vélos, et j’ai cherché. Je n’ai pas Nongla. Je n’ai rien en Chine. C’est la première fois depuis longtemps qu’un Belge gagne quelque part où je n’ai pas le segment.
Jarno Widar a gagné là-haut, après 165,8 kilomètres au départ d’Yizhou, et il a pris le général. Tom Pidcock à six secondes, Louis Barré à dix. Vingt ans, ses deux premières victoires en WorldTour, et la saison est finie.
Alors j’ai cherché l’équivalent. Une côte du Brabant de cette longueur à ce pourcentage, je n’en ai pas. J’ai Huldenberg, j’ai Overijse, c’est plus court. Mettez-en deux bout à bout, ajoutez le retour par la place de Lasne, ça fait une sortie, pas une montée. Le dimanche, à neuf heures vingt, j’ai essayé quand même. J’ai monté Overijse deux fois, avec le sac. Je ne sais pas ce que ça prouve. Mon compteur non plus.
Ce qui me reste, c’est l’autre colonne. Il a gagné le 6 octobre aux Trois vallées varésines, il a fini treizième de son premier Lombardie. Moi, ma première saison au club, j’ai fini la sortie de clôture derrière la voiture du président, qui allait chercher les croissants. Retirez le sac, le café et le feu rouge d’Audenarde : il reste quand même ses vingt ans, son général en Chine, et moi derrière une Passat.
Au café, quelqu’un a dit que c’était le troisième Belge à gagner là-bas. On a compté sur nos doigts, Tim Wellens en 2017, Lennert Van Eetvelt en 2024. Personne n’avait le segment non plus.
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.



