Iván Ramiro Sosa revient en WorldTour. EF Education-EasyPost l’accueille en 2027. J’ai lu ça le lundi matin, la jatte à la main, encore en cuissard parce que je n’avais pas eu le courage de me changer après la sortie de la veille.
Ce qui m’a arrêté, c’est la phrase de Jonathan Vaughters, le patron de l’équipe, à WielerFlits : « Il est assez malin pour se retrouver dans une échappée forte, puis assez fort pour aller jusqu’au final. Nous l’avons vu le faire deux fois lors de la dernière Vuelta a España. »
Deux fois. Moi, le bon groupe, je le cherche depuis des années, tous les dimanches, au départ de la place de Lasne. La sortie part à neuf heures vingt. À neuf heures vingt-deux, il y a toujours un groupe de quatre qui s’en va dans la côte d’Overijse, et je suis toujours dans celui d’après. Je regarde le compteur, je dis que je roule pour le plaisir, et le groupe de quatre est déjà au carrefour.
Retirez le sac, retirez le café que j’ai bu avant de partir, retirez le feu rouge qui passe au rouge exactement quand ils passent au vert. Il reste un fait : je ne suis pas assez malin pour me retrouver dans le bon groupe. Et quand j’y suis par hasard, je ne suis pas assez fort pour aller jusqu’au café avec eux.
Sosa, lui, a dit qu’il était très motivé de revenir en WorldTour, « en sachant que je peux compter sur le soutien de l’équipe et qu’ensemble nous pouvons grandir et gagner des courses ». Le soutien de l’équipe, je connais : c’est le gars du club qui m’attend au sommet en faisant semblant de régler sa selle.
Le groupe d’après, c’est aussi un groupe, Xavier. Il arrive, lui aussi.
Il arrive, oui. Dimanche, j’ai fini avec sept minutes de retard sur le groupe de quatre, et ils avaient déjà commandé. Au café, j’ai payé ma tournée en arrivant, pour qu’on ne m’en parle pas.
Le fait est vrai, on a vérifié : WielerFlits.







