L’Alpe d’Huez, j’ai le segment. Juillet, il y a trois ans, avec le club, le sac à dos et une jatte de café en bas que j’ai comptée dans le temps, parce que je suis honnête. Une heure trente-huit. Il y a vingt et un virages et j’en ai compté vingt-deux, le dernier était un parking.
Richard Carapaz a gagné là-haut cet été, au Tour, après Orcières-Merlette. Il a fini avec le maillot du meilleur grimpeur. Vendredi, NSN Cycling a annoncé qu’il signait chez eux pour deux saisons. Il quitte EF Education. Il a dit que c’était une opportunité incroyable d’être un des leaders de l’équipe.
Faisons la colonne. Retirez le sac : six minutes, je l’ai pesé. Retirez le café au pied : quatre minutes. Retirez le gars hollandais qui zigzaguait dans le septième virage : deux. Retirez le vent, que j’ai pris dans les deux sens, même à la montée, ne me demandez pas comment. J’arrive à une heure vingt-cinq. Il reste une heure vingt-cinq. Il reste lui, et il reste moi, et entre nous il y a le Giro 2019, Tokyo, dix étapes de grands tours. Je perds. Largement. C’est ça, la colonne.
Ce qui me rassure, c’est le mot leader. Moi aussi je suis un des leaders, au club. On est quatre à dire qu’on mène la sortie de neuf heures, qui part à neuf heures vingt. Personne n’a jamais fait de communiqué.
Un des leaders, Xavier, c’est déjà mieux que la voiture. Moi je n’ai jamais été un des quoi que ce soit.
Au café, on a discuté jusqu’à midi de savoir si un parking compte comme un virage. Carapaz, lui, a deux saisons devant lui avec une nouvelle équipe. Moi, dimanche, avec le même sac.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.







