Remco Evenepoel avait le maillot arc-en-ciel du chrono dans la valise. Dans la course en ligne, gagnée par l’Américain Brandon McNulty, il n’a pas figuré parmi les premiers.
Le titre s’est joué sans lui : McNulty est sorti du groupe des favoris à 32 kilomètres de l’arrivée et s’est échappé vers la victoire. Consultant de la DH, Johan Museeuw a résumé l’après-midi : « Une course sans oreillettes et sans Pogacar, quel suspense ça donne ! »
Evenepoel, lui, a été clair, à la RTBF : « C’était un peu un jour sans. Il n’y a pas de secret. Sur un parcours comme celui-ci, il faut avoir de très bonnes jambes pour être prêt à faire la course. Dommage que cette mauvaise journée tombe ce dimanche. Voilà, pas d’excuse. »
Pas d’excuse. C’est là que le cyclo du Brabant wallon a décroché son téléphone.
Un jour sans, je connais. J’en ai un chaque dimanche, à neuf heures vingt. Sauf que lui dit pas d’excuse, et moi j’ai une colonne entière : le sac, le café, le feu rouge d’Audenarde, le vent dans les deux sens, le gars qui zigzaguait devant. Dimanche dernier, j’ai monté le Kwaremont en onze minutes douze. Retirez le sac et le café, on en reparle. Lui, il a mis sa mauvaise journée en quatre phrases et il a fermé le dossier. Moi, il me faut la matinée et une deuxième jatte. Je ne dis pas que je suis prêt pour les Europe. Je dis que lui y va dimanche prochain, et moi aussi je ressors dimanche prochain. Au café, on a discuté jusqu’à midi de qui a la meilleure excuse.
Le calendrier ne laisse d’ailleurs pas le temps de remplir une colonne : Remco Evenepoel doit disputer les championnats d’Europe le dimanche suivant. Xavier, qui n’a pas de championnat mais une sortie de club, promet d’y arriver à l’heure. Enfin, à neuf heures vingt.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.







