Ashlin Barry est parti très tôt en solitaire et a gardé son avance jusqu’à la ligne. Héctor Álvarez est deuxième à 53 secondes, Jesper Stiansen troisième. « C’est incroyable. Honnêtement, je n’arrive pas à y croire », a-t-il dit à Sporza, avant d’ajouter qu’il avait entendu son chien aboyer au bord de la route. « Je ne sais vraiment pas comment j’ai fait », a-t-il encore confié.
Sandrine a écouté ça dans la camionnette, la radio entre deux pignons.
Il entend son chien. Seul devant, pendant des heures. Ça veut dire une chose : rien ne faisait de bruit sur ce vélo. Pas un câble qui frotte, pas une chaîne sèche, pas un roulement qui chante. Moi, sur les vélos du club, je n’entendrais pas un camion de pompiers, hein. Un vélo silencieux, tu entends ton chien. Un vélo propre, c’est déjà la moitié de la course.
Et il dit qu’il ne sait pas comment il a fait. Moi, je sais où chercher : dans la gaine, dans la cassette, dans le jeu de direction. Là où il n’y avait rien à entendre. Tu cherches toujours la réponse là où ça ne grince pas, ça va ? Je vais graisser ceux du club, tiens, et on verra qui entend quoi dimanche.
Barry fêtait ses 19 ans le jour de la course. Avant le départ, il pensait viser au mieux une médaille. « Peut-être qu’une médaille était le maximum possible, ou un beau résultat. Je pensais avoir peut-être une chance dans le contre-la-montre, mais gagner sur ce parcours, c’est tout simplement incroyable », a-t-il expliqué.
Une médaille au mieux, qu’il pensait. D’accord. Mais avec quelle pression ? Personne ne lui a demandé. Moi si.
Le fait est vrai, on a vérifié : Sporza.




