Ce sont deux équipiers, Tiesj Benoot et Quinten Hermans, et pendant la préparation du Mondial de Montréal ils avaient un rôle important pour Wout van Aert et Remco Evenepoel. Ce genre de rôle, on le prépare en roulant. Alors ils sont partis de la base arrière pour un rondje, vers les États-Unis, et ils se sont arrêtés à la frontière. Quelques heures. Des papiers. Il fallait vérifier qu’ils n’étaient pas membres de cartels ou de quelque chose de ce genre, a raconté Alec Segaert dans le podcast « Vals plat ». Ils ne l’étaient pas. Puis demi-tour vers le Canada, sans un mètre de plus.
La télévision ne montre jamais ça. Ce que je sais, c’est comment ça se passe derrière quand une sortie dure plus longtemps que prévu. Chez nous, à l’hôtel, il y avait toujours quelqu’un qui regardait sa montre. Le masseur avait préparé les tables pour une heure précise. Le mécano attendait les vélos. Quelqu’un tenait des bidons qui ne servaient à rien. On dit l’hôtel, mais c’est un bureau aussi, comme le gruppetto.
Selon Segaert, très peu de voitures sont passées en deux à trois heures à ce poste. Moi, ça me parle. J’ai passé deux saisons et demie dans des endroits où rien ne passe pendant longtemps, et on apprend à attendre en calculant. Là-bas, le calcul, c’était le formulaire.
Et Benoot a appelé la sortie « Mexico était déjà en vue » sur Strava. Un équipier qui fait de l’humour sur sa propre trace, je trouve ça bien. Ça veut dire que le moral de l’arrière est bon. Selon Segaert, les douaniers, eux, ne pouvaient pas vraiment en rire. Chacun son poste.
La course en ligne du Mondial, ça a tourné à la déception pour les Belges, tout le monde l’a lu. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire qu’ils sont rentrés de leur rondje, et qu’à l’arrivée il restait sûrement un café pour eux. Moi, je l’aurais gardé au chaud.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.



