Tiesj Benoot et Quinten Hermans sont partis de la base arrière des Belges, au Canada, pour un petit tour vers les États-Unis. Ils ont été arrêtés à la frontière. Quelques heures de papiers, selon ce qu’Alec Segaert a raconté dans le podcast « Vals plat », puis retour au Canada sans rouler un mètre de plus.
J’ai ouvert la sortie sur Strava. Le titre : « Mexico était déjà en vue ». Et la trace bute littéralement sur la frontière. Une ligne qui avance, puis qui s’arrête net. Je connais ce dessin. C’est ma sortie du dimanche quand le feu d’Audenarde est rouge et que le groupe repart sans moi.
Je n’ai pas de segment sur ce poste-frontière. Pas grand monde, j’imagine : selon Alec Segaert, très peu de voitures y sont passées en deux à trois heures. Mais j’ai mon segment à moi d’immobilité. Le feu rouge d’Audenarde, deux minutes, avec le sac. La file au café du Kwaremont, onze minutes, jatte comprise. Le tracteur à Huldenberg, que j’ai vouvoyé, quatre minutes. Total : dix-sept minutes d’arrêt sur une sortie.
Eux, quelques heures. Je ne dis pas que je fais mieux. Je dis que dans la colonne des arrêts, ils ont le record du club, et ils ne sont pas du club.
Et il y a le titre. Moi, mes sorties s’appellent « Sortie du dimanche » ou « Vent dans les deux sens ». Jamais je n’ai annoncé un pays. Benoot a annoncé le Mexique depuis le Canada, la trace bute sur la frontière, et le titre reste. Ça, c’est de l’ambition de cyclo.
Retirez le formulaire, retirez la vérification sur les cartels, que les douaniers devaient faire et qui n’a rien donné : il reste une ligne qui s’arrête sur une frontière, avec une très longue pause au bout. On peut discuter de la moyenne.
Au café, on a discuté jusqu’à midi de ce qu’on met comme titre quand la sortie s’arrête à une frontière.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.






