Le mot projet, je l’ai entendu deux fois à la radio de l’atelier vendredi, entre deux plaquettes. Une fois par le manager, une fois par le coureur. Deux fois, chez moi, c’est un bruit qui revient : on cherche d’où il vient.
Richard Carapaz quitte EF Education, où il était depuis 2023, et signe deux saisons chez NSN Cycling. Kjell Carlstrom, le manager général, a dit : « Obtenir la signature de Richard Carapaz est un moment important pour notre équipe et un tournant pour le développement de notre projet sportif ». Carapaz, lui, parle d’une opportunité incroyable de faire partie de ce projet et d’être un des leaders de l’équipe. Il s’est dit très impatient.
Moi, un projet, je le pose sur le pied d’atelier. Qu’est-ce qui change, concrètement, pour un coureur qui change d’équipe ? Le cadre, peut-être. Le cintre. Les cocottes. La selle, surtout. Tu peux avoir gagné le Giro en 2019 et deux étapes du Tour cet été, à Orcières-Merlette et à l’Alpe d’Huez, la selle ne le sait pas. Elle demande juste à quelle hauteur on la met.
Il a fini le Tour 2026 avec le maillot du meilleur grimpeur. Ça, je ne le démonte pas. Je dis seulement qu’entre l’annonce d’un vendredi d’octobre et la première course, il y a un mécano quelque part qui va sortir le mètre et recopier des cotes sur un papier. Le tournant du projet, c’est ce papier-là. D’accord. Mais avec quelle pression ?
Moi aussi j’ai changé de selle cet été. J’ai mis trois sorties à m’en remettre, et je n’étais pas leader de quoi que ce soit.
Je ne dirai pas ce que je pense du mot impatient. Je vais remesurer les selles du club, tiens. Personne ne me l’a demandé.
Le fait est vrai, on a vérifié : DH Les Sports+.




