Cofidis a signé Gabriela Guerra pour deux ans. Elle a fini deuxième des Mondiaux d’esport cycliste en 2024, puis encore en 2025. J’ai lu ça dans le garage, entre le quatrième vélo et la voiture qui dort dehors, en face de mon home-trainer.
Mon home-trainer, je l’ai acheté un hiver où il drachait depuis trois semaines. Il a servi onze fois. La douzième, il a servi de portemanteau pour les cuissards qui sèchent. Sur Zwift, j’ai un segment, évidemment. Le problème, c’est que sur Zwift il n’y a pas de feu rouge d’Audenarde, pas de café, pas de sac à dos. Je n’avais plus rien à retirer. C’était insupportable.
Elle, elle a fait le chemin inverse du mien. Skateboard au Brésil, puis l’Allemagne, puis le VTT, puis le virtuel, et la route en septembre de l’an dernier seulement. Cette année, elle a couru Binche-Chimay-Binche, le GP Stuttgart féminin, et elle a gagné la Mirabelle Classic, une course française de catégorie 1.2. Un an de route. Moi, en un an de route, j’avais appris à partir à neuf heures vingt.
« Je suis très curieuse et vraiment enthousiaste de rejoindre Cofidis. Je veux découvrir si je peux transférer mes forces de l’e-cyclisme vers la route », a-t-elle dit, selon Cyclingnews. C’est la bonne question. Moi je me la pose dans l’autre sens : est-ce que je peux transférer mon segment du Kwaremont sur l’écran ? Réponse de l’écran : non, il n’y a pas de café.
Elle n’est pas seule. Cyclingnews cite Jay Vine, Jason Osborne, Neve Bradbury et d’autres, tous passés de l’écran au bitume. La liste s’allonge. Le chemin existe donc dans un sens. Je ne dis pas que je ferai le chemin inverse. Je dis qu’on peut discuter.
Ton home-trainer, Xavier, il a une chaîne sèche depuis 2022. Tu me l’amènes, ça va ?
Dimanche, à la sortie, j’en ai parlé. Personne n’a demandé mon temps sur Zwift. Au café, on a parlé de la pluie jusqu’à midi.
Le fait est vrai, on a vérifié : Cyclingnews.




