Cofidis a signé Gabriela Guerra pour deux ans. Deux fois deuxième aux Mondiaux d’esport, en 2024 et en 2025, sur Zwift. J’ai lu ça le soir, dans la cuisine à Renaix, et la première chose que je me suis demandée, c’est où on tend le bidon, sur un écran.
Parce que sur un écran, on ne redescend pas à la voiture. Il n’y a pas de voiture. Il n’y a pas de directeur sportif qui crie et d’autre qui ne dit rien. Le bidon, il est posé sur la table à côté, et on le prend soi-même. Moi, deux saisons et demie, je n’ai jamais pris un bidon pour moi seul. Un bidon, ça se mérite, et en général on le mérite pour un autre.
Elle, elle a fait un chemin que je n’aurais pas su dessiner. Le skateboard au Brésil, l’Allemagne, le VTT, l’écran, et puis la route en septembre de l’an dernier, chez Wheel Divas. Cette année Binche-Chimay-Binche, le GP Stuttgart féminin, et une victoire à la Mirabelle Classic. Devant, je ne sais pas ce que ça demande. Derrière, je peux vous dire que la première saison sur route, on apprend surtout où se mettre.
Et c’est ce qu’elle dit, au fond de sa phrase à Cyclingnews : elle veut « aider l’équipe et découvrir le plus haut niveau de la course sur route ». Aider l’équipe. Je l’ai lue deux fois, cette partie-là. À la télévision, on retiendra Zwift trente fois. Moi je retiens « aider l’équipe » une fois, et ça me suffit.
Cyclingnews cite toute une liste passée par le même chemin : Jay Vine, Neve Bradbury, Jason Osborne, Ella Harris, d’autres encore. On croyait que la koers commençait dans une kermesse. Pour certains, elle commence dans un salon.
Sur Zwift, Rik, il n’y a pas de gruppetto. Il y a un classement en direct. Tout le monde voit où tu es.
Tout le monde voit où tu es. Ça, ça m’aurait gêné. Le bureau, on l’aimait aussi parce que la caméra ne venait pas. J’ai fini ma jatte, et j’ai éteint la lumière de la cuisine.
Le fait est vrai, on a vérifié : Cyclingnews.




