Le Giro 2027 a été dévoilé mardi. Sept étapes de montagne avec arrivée au sommet, un seul contre-la-montre plat de 37,3 kilomètres, de Monza à Milan. Le Tour de France 2027, lui, affiche 71 kilomètres de chrono et trois arrivées au sommet. J’ai lu ça au café, après la sortie de neuf heures vingt, le compteur encore sur le cintre.
Selon 7sur7, Remco Evenepoel choisirait plutôt le Tour, à cause des classiques au printemps et d’un Mondial exigeant en août. Et Ralph Denk, son patron, n’est pas favorable à l’enchaînement Giro et Tour. Moi, je comprends un homme qui compte ses kilomètres de chrono. Je fais pareil avec les miens.
Mon contre-la-montre à moi, c’est la ligne droite entre la place de Lasne et la boulangerie. Un kilomètre deux. Je le fais tous les dimanches, en solo, parce que la sortie m’a déjà déposé au premier rond-point. Sur une saison, ça fait un joli total. Pas 71, d’accord. Pas 37,3 non plus. Mais régulier.
Le Giro, lui, me propose la seizième étape : Mortirolo, Gavia, Mortirolo encore, puis Aprica, 4.500 mètres de dénivelé positif. J’ai fait le calcul pour ma sortie : il me faudrait monter la côte d’Overijse un nombre de fois que le club refuse de compter. Et la veille de Rome, le Zoncolan, 10,1 kilomètres à 11,9 %. Ça, c’est le chiffre de la fiche. Le mien, sur le pourcentage le plus raide de ma vie, c’est neuf minutes avec le sac et une halte pour remettre la chaîne.
Il y a aussi un chrono semi-montagneux le septième jour, Sulmona à Campo di Giove, 663 mètres plus haut. Chez moi, on appelle ça le retour à la maison. Retirez le sac, le café et le feu rouge d’Audenarde : je reste un homme de chrono plat.
Je ne dis pas que je choisis le Tour. Je dis que je comprends ceux qui comptent. Au café, on a recompté jusqu’à midi.
Le fait est vrai, on a vérifié : 7sur7.




