Eli Iserbyt a donné son interview à HLN au sommet du Koppenberg, à Melden, avant la Koppenbergcross de dimanche. Trois victoires là-haut. La troisième, en 2021, il l’a prise en passant Toon Aerts dans la montée, par la bordure de gauche. Quinze centimètres de large. J’ai relu le chiffre deux fois, au garage, entre le vélo de pluie et le vélo de beau temps.
Parce que cette bordure, je la connais. J’ai le segment. Pas en cross, attention : au Tour des Flandres des cyclos, la veille du vrai, la version 140, enfin 74 la dernière fois. Le Koppenberg, je l’ai fait à pied, les cales qui glissaient sur les pavés, le vélo à l’épaule, et j’ai pris la gauche parce qu’un gars zigzaguait au milieu. Douze minutes vingt. Avec le sac.
Maintenant, la colonne. Retirez le sac. Retirez le gars qui zigzaguait. Retirez l’arrêt au sommet pour la photo, que je compte honnêtement, quatre minutes. Retirez le feu rouge d’Audenarde, que j’avais pris en venant et que je garde dans toutes mes colonnes par principe. On arrive à quelque chose. Je ne dis pas que je passe Toon Aerts. Je dis qu’on était sur la même bordure, à quelques années près, et qu’on peut discuter.
Iserbyt dit aussi que le terrain est sec et dur, malgré la tempête de la semaine dernière, et qu’il y aura un tour en plus. Un tour en plus, chez moi, ça s’appelle une jatte en plus au café. Et il pense que Michael Vanthourenhout devrait avoir au moins 25 secondes d’avance au pied de la dernière montée pour gagner. Vingt-cinq secondes au pied du Koppenberg, moi, je les perds à décrocher la deuxième chaussure.
Thibau Nys peut égaler les trois victoires d’Iserbyt dimanche. Je regarderai la porte du garage ouverte, avec le sac encore pendu au crochet, pour mémoire.
Quinze centimètres, Xavier. Ton pneu en fait vingt-huit. Tu as monté la bordure avec la moitié du vélo, hein.
J’ai répondu que la moitié qui comptait était dessus. Au café, on a discuté jusqu’à midi.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.




