Jarno Widar a gagné mardi les Trois Vallées Varésines, en Italie. Sprint à trois, devant Tom Pidcock et Matteo Jorgenson. Vingt ans, première victoire pro. J’avais la radio de l’atelier allumée, un vélo de route du magasin sur le pied, une roue arrière qui sautait sur le onze.
Ce qui m’a arrêtée, c’est Jorgenson, après. Il a dit à HLN : « Félicitations à Jarno, c’était un très beau sprint. » En flamand pour la moitié, en anglais pour l’autre. Il a passé deux vitesses dans la même phrase. Sans sauter.
Ça, c’est un dérailleur bien réglé. Tu passes du grand au petit plateau au milieu d’une phrase et la chaîne ne tombe pas. Chez nous au club, la moitié des gars ne savent pas passer du onze au douze sans que ça claque. Lui, il change de langue en pleine félicitation.
Et le sprint. Selon Velo 101, Widar l’a lancé depuis l’arrière. Depuis l’arrière, tu dois passer tes pignons au bon moment, pas avant, pas après. Trois longueurs, selon HLN. Trois longueurs, c’est une transmission qui ne réfléchit pas. Un vélo propre, c’est déjà la moitié de la course. L’autre moitié, je ne la règle pas, je ne l’ai pas sur l’établi.
Celui qui félicite après avoir perdu, on ne le filme jamais. Moi je l’aurais filmé.
J’ai fini la roue arrière. Câble neuf, gaine coupée propre, tension d’un quart de tour. Elle passe maintenant du onze au douze comme Jorgenson passe du flamand à l’anglais. Le client vient la chercher demain. Je vais régler ceux du club, tiens, ça va ?
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.



