Un gamin de vingt ans a gagné mardi les Trois Vallées Varésines, en Italie. Jarno Widar, Lotto-Intermarché, sa première victoire chez les pros, dans sa première saison. Il a battu au sprint Tom Pidcock et Matteo Jorgenson, après 196,1 kilomètres entre Busto Arsizio et Varese. J’ai regardé ça le soir, une jatte sur la table de la cuisine, en cherchant ce que je cherche toujours.
Ce que la télévision a montré, c’est la finale. À seize kilomètres, le champion du monde Brandon McNulty attaque dans l’avant-dernière côte, et ils sont sept à pouvoir le contrer. Widar est dedans. À douze kilomètres, Ramses Debruyne essaie de surprendre tout le monde dans la dernière montée, et Pidcock, Jorgenson et Widar le reprennent. Après, ils sont trois.
Ce qu’on a moins regardé, c’est le dernier kilomètre. Selon Velo 101, les trois se sont regardés. Moi, ce moment-là, je le connais un peu. Pas devant, hein, je n’y suis jamais allé. Mais un kilomètre où trois coureurs se regardent, c’est un petit bureau. Chacun calcule. Qui lance, qui attend, combien les poursuivants ont de retard. On dit le gruppetto, mais c’est un bureau, et là, devant, ils avaient ouvert une succursale à trois. Le trio a tenu. Et Widar a lancé depuis l’arrière, selon Velo 101, avec trois longueurs à l’arrivée, selon HLN.
Jorgenson a dit après, à HLN : « Félicitations à Jarno, c’était un très beau sprint. » Il l’a dit à moitié en flamand. C’est gentil, ça. Celui qui vient de perdre et qui félicite dans la langue de l’autre, on ne le montre pas trente fois non plus.
Devant, je ne sais pas. Je note seulement qu’au palmarès il y avait Pogacar en 2025, et que maintenant il y a un gamin de vingt ans qui était 23e de sa première Vuelta cette saison.
Il précède trois coureurs dans le temps réglementaire. Conforme.
J’ai fini la jatte. Quelque part, pendant ce temps-là, il y avait sûrement un gars qui rentrait au bus avec des bidons vides dans le maillot. Ça, je ne l’ai pas vu. De koers, c’est aussi ce qu’on ne voit pas.
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.






