Van Rysel sort son premier VTT, le RCR-XC, présenté au Roc d’Azur. Du cross-country, pensé pour la compétition au plus haut niveau. La marque veut en faire le plus rapide du monde. Ça, c’est le communiqué. Moi j’ai posé la fiche sur le pied d’atelier, à côté d’une jatte froide, et j’ai démonté.
Première pièce : la roue. 32 pouces. Je n’en ai jamais eu une entre les mains, et ma camionnette non plus. Le cadre en taille M pèse 230 grammes de moins que le modèle précédent, malgré les grandes roues. D’accord. Mais avec quelle pression ? Personne ne le dit. Une roue plus grande, c’est plus d’air, et plus d’air, c’est plus de questions.
Deuxième pièce : la soufflerie. Ils annoncent 15,5 watts gagnés à 35 km/h. En VTT. Selon la marque, les vainqueurs en XCO roulaient vers 20 km/h en 2018 et dépassent aujourd’hui les 25. Je ne discute pas la soufflerie. Je constate qu’aucune soufflerie n’a jamais eu de boue dedans.
Luis Moro dit : « Là où l’athlète passe le plus de temps dans la course, c’est là où il y a le plus de temps à gagner en conception ». Je suis d’accord avec lui, hein. Sur un parking de cross, l’endroit où on passe le plus de temps, c’est devant le tuyau d’arrosage. Si quelqu’un conçoit un cadre qui se rince plus vite, je signe.
Ils ont travaillé avec Zipp, RockShox, SRAM, Vittoria et Deda dès la conception, et le ratio rigidité/poids avec l’équipe Decathlon Ford, taille par taille. Du sérieux. Ma seule pièce en cause, c’est la chaîne. Un vélo propre, c’est déjà la moitié de la course, mais une chaîne cirée qui part dans les ornières, elle ne le reste pas jusqu’au deuxième tour.
Le 32 pouces, je le mesurerai quand il passera devant moi. Pas avant.
Je vais aller voir si mon pied d’atelier serre un tube de cette taille-là, tiens.
Le fait est vrai, on a vérifié : Velo 101.




