Michael Vanthourenhout prend le départ à Dendermonde, et c’est sa deuxième course de la saison. L’hiver dernier, à la Coupe du monde au même endroit, c’était sa vingt et unième. Il a gagné à Perl, en Allemagne, le week-end d’avant, après un stage à Livigno avec l’équipe. Son manager, Jurgen Mettepenningen, veut dix victoires chez les élites cette saison et compte d’abord sur lui, son leader de 32 ans. L’an dernier, il en avait gagné cinq sur 33 cross. Voilà ce que HLN raconte, et c’est ce qu’on verra à la télévision : le leader, le chiffre, la cible.
Moi, j’ai lu la phrase d’après. À HLN, il a dit : « Je vois Niels Vandeputte dimanche comme mon plus grand adversaire et j’attends aussi Toon Vandenbosch et Laurens Sweeck. J’espère qu’avec mes coéquipiers Gerben Kuypers et Kay De Bruyckere je pourrai colorer la course et gagner. » Il les nomme. C’est bien, c’est le moment où on les nomme, avant. Après, il y a le micro et on n’a plus le temps.
En cross, on ne redescend pas aux bidons, je sais. Mais il y a toujours un travail qu’on ne filme pas. Celui qui roule devant dans le tour où ça ne se passe rien. Celui qui ferme la porte dans le virage. Il a dit aussi : « Ça reste un circuit rapide. Je m’attends à ce que le peloton ne se disloque pas vite. » Un circuit rapide, groupé, ça veut dire des équipiers utiles longtemps. Devant, je ne sais pas. Derrière, je peux vous dire que c’est le genre de dimanche où on est content d’être deux.
Et cette année, il y a les moules. Cent kilos au vainqueur, c’est le sponsor Vishandel Borremans qui veut ça, la course s’appelle Mosselcross. Si ça gagne, quelqu’un portera la caisse jusqu’à la voiture. Ce ne sera pas celui qui a levé les bras. Chez nous, on portait les sacs de musettes à l’hôtel, dans le maillot le plus lourd du peloton. Un bidon, ça se mérite. Une caisse de moules aussi.
Cent kilos, c’est mon vélo, mon sac et moi. À peu près.
J’irai prendre un café quand le podium sera démonté, et je regarderai qui charge.
Le fait est vrai, on a vérifié : HLN.




